Rudes combats aux Etats-Unis (2) : l’énergie

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Les Républicains typiques ont une approche assez simple de ce que doit être la politique énergétique des Etats-Unis. Produire toutes les énergies nationales disponibles, et il y en a beaucoup pour peu qu’on autorise les compagnies à les chercher. Pas question pour eux de parler d’efficacité énergétique, de réduction des consommations unitaires ou de normes de construction économes en énergie. Leur objectif annoncé est de faire baisser le prix de l’essence pour le consommateur américain. Il ne faut donc surtout pas introduire de surcoût, qu’on l’appelle taxe carbone, quota d’émission ou internalisation d’externalités négatives.

La palette d’énergies indigènes disponibles recouvre

          le pétrole, que les compagnies doivent avoir le droit de chercher et de produire dans tout le territoire fédéral, zones humides du Sud ou réserve naturelles du Nord.

          le gaz naturel, en particulier le gaz non conventionnel, sans qu’on vienne mettre des bâtons dans les roues des compagnies productrices sous des prétextes environnementaux.

          le charbon, dont les Etats-Unis détiennent les plus grandes réserves mondiales, loin devant la Russie et la Chine (à elles deux, elles ont à peu près autant de réserves de charbon que les Etats-Unis seuls).

          le solaire, où ces fourbes chinois subventionnent leurs propres producteurs pour leur permettre de devenir les premiers aussi bien dans le photovoltaïque que dans le solaire passif.

          le nucléaire, pour produire de l’électricité et maintenir une industrie exportatrice.

          l’éthanol, fabriqué par les agriculteurs américains.

          et les énergies encore à développer, hydrogène en particulier.

Le véritable enjeu est de pouvoir continuer à parcourir les routes et autoroutes du pays dans le véhicules de son choix. Pour ce faire, le pétrole reste bien sur le moyen le plus efficace (en terme d’énergie par unité de volume). Mais il doit être peu cher, donc sans taxe « Obama ».

On peut aussi rouler au gaz naturel comprimé. De nombreux pays le font déjà, mais les modèles sont peu attractifs pour des américains à la recherche de puissance. Le bioéthanol est parfait car il assure en plus un revenu additionnel aux agriculteurs américains. Les voitures électriques et hybrides roulent déjà aux Etats-Unis, même si pour l’instant, ils attirent surtout des gauchistes riches et écolos. On sait transformer du gaz et du charbon en carburants liquides. L’Allemagne et l’Afrique du Sud l’ont longtemps fait. Bien sûr, le bilan carbone est très mauvais mais ça n’a pas d’importance puisque le réchauffement climatique est une fiction.

Les Républicains ont bien tiré la leçon des deux premières années de la présidence Obama. Il ne vont pas chercher à faire passer une grande loi sur l’énergie, mais découperont des petits paquets pour lesquels un consensus sera peut-être plus facile à trouver, et moins de concessions seront nécessaires pour obtenir une majorité. Parmi les sujets à venir vite, lever l’interdiction de forer dans le Golfe du Mexique par très grands fonds, inciter à rouler au gaz comprimé, alléger les procédures pour les centrales nucléaires (idée: plus ça va vite et moins ça coûte cher), attribuer des permis d’exploration dans tout le domaine fédéral ou encore utiliser les redevances pétrolières pour un fonds d’énergies vertes.

Une première application prend la forme de trois projets de loi, l’un au Sénat (Bill 395), les deux autres à la Chambre (HR 91 et HR849). Tous sont présentés par des Républicains, et visent à interdire d’interdiction d’ampoules de 100W à incandescence, votée en 2007. Le projet du Sénat s’appelle BULB (Better Use of Light Bulbs), mais c’est le HR 849[1] qui a donné lieu à des débats spectaculaires car Rand Paul, Tea Party Républicain, y a expliqué son opposition aux « bureaucrates ». Il n’aime pas que d’autres l’obligent à attacher sa ceinture de sécurité ou lui dictent quelle ampoule acheter. Dans son audition de Kathleen Hogan, chargée de l’efficacité énergétique au DOE[2], il lui a reproché l' »hypocrisie » et l' »interventionnisme tatillon » de cet organisme. Rand Paul est un libertarien et il n’accepte pas qu’on lui restreigne ses choix. Il a reproché au DOE le fait que ses toilettes ne fonctionnent pas: il faut pousser 10 fois le mécanisme avant que ça ne marche, ce qui ne fait pas économiser d’eau. Il est contre les restrictions imposés aux individus, sauf pour l’avortement (il est contre). Il a ainsi expliqué à K. Hogan pourquoi il parlait de l’hypocrisie du DOE: « Vous êtes pour le choix en matière d’avortement, mais contre les choix sur tous les autres produits ».

Il existe pourtant des Républicains favorables à la protection de l’environnement. Leur position est assez voisine de celle de nombreux Démocrates. Ils ne sont pas climato-sceptiques, et n’hésitent pas à taper dur sur leurs collègues élus. Leur explication est simple. Ils sont les vrais conservateurs, qui pensent que les générations actuelles ont pour rôle de préserver les générations futures. Les libertariens ne sont pas des conservateurs. Les conservateurs veulent un Etat économe et efficace, alors que les libertariens veulent un Etat amaigri et faible. Peut-être faut-il les classer dans les espèces à protéger?


 

[1] Soutenu en particulier par Ron Paul, sénateur du Texas, père de Rand, sénateur du Kentucky

 

[2] Département (c’est-à-dire ministère) de l’énergie

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3 commentaires sur “Rudes combats aux Etats-Unis (2) : l’énergie

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