Nouvelles fraiches des Etats-Unis

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Tout d’abord, comme le montre la photo ci-dessus, prise hier (remerciements à F. Georges), le prix du carburant ne baisse pas vraiment, à la suite de la baisse des prix du brut. L’explication ? Les infrastructures de transport, qui interdiraient de transporter l’essence raffinée vers les lieux de consommation, et les inondations qui menacent les raffineries de Louisiane. Cela dit, Bloomberg confirme la baisse, alors que le Financial Times voit plutôt les prix en hausse. Mettons-nous d’accord pour dire que la volatilité est grande.

Sur ce sujet, j’avais signalé comme une bonne nouvelle  la remontée des marges demandées aux spéculateurs pour jouer sur le prix des matières premières. J’avais cru y voir le début d’une volonté de rendre la spéculation plus coûteuse, afin de la limiter un peu. Mais j’ai été déçu quand je suis allé voir les explications du Chicago Mercantile Exchange (CME). L’augmentation des marges ne vise surtout pas à « décourager une classe de participants ». Les marges sont un élément de gestion du risque. Quand la volatilité augmente, les marges augmentent pour tenir compte du risque accru. Elles baissent dans le cas contraire. « La fixation des marges fait partie des services de gestion du risque dans la neutralité que nous offrons ». En y réfléchissant bien, c’est quand même le nombre des transactions qui fait le résultat du CME. Ses actionnaires pourraient voir d’un mauvais œil qu’il prenne, sans y être contraint, une mesure visant à le diminuer.

Il reste que c’est une bonne piste pour les régulateurs, s’il y en reste encore.

Ce qui nous amène au dernier sujet de ce jour, les gaz non conventionnels. L’industrie américaine semble jouer la montre, face à des menaces de plus en plus précises quant à l’utilisation de la fracturation hydraulique pour produire le gaz non conventionnel. L’industrie campe sur des positions classiques: l’emploi, l’environnement (après tout le gaz est plus propre que le charbon), l’indépendance énergétique des Etats-Unis au moment où l’essence est aussi chère. Le clivage politique est assez marqué, avec les Républicains contre toute ingérence dans les pratiques de l’industrie, et les Démocrates pour un contrôle accru. Les manifestations contre la fracturation sont plus imagées qu’en France. Les médias sont friands de pancartes dénonçant les « motherfrackers » ou « don’t frack with my water« , intraduisibles en français. Pour savoir rapidement, sans avoir à tout lire, si un auteur ou un bloggeur est pour ou contre, il suffit de voir comment ils écrivent. Frac (ou parfois fracc) sera pour une mise en production sans contrôle du gaz non conventionnel, alors que Frack s’y opposera.

Si les industriels font le gros dos en attendant que ça passe, c’est peut-être qu’ils ont sous les yeux l’exemple très récent de la régulation financière. Après une réaction « moralisons le capitalisme », on voit aujourd’hui les banquiers et les analystes reprendre la main. Les économistes du marché efficace et de l’autorégulation, un temps discrédités, reviennent en force avec leurs idées et leurs modèles intacts. Cela peut marcher pareil pour la Frack.

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