Confusion mentale

PGNiG, la compagnie nationale polonaise, vient d’acheter  pour 220 M$ un morceau[1] de Tommeliten Alpha, un champ norvégien de gaz à condensats. Le vendeur est Equinor, anciennement Statoil[2].

L’opérateur[3] est compétent, les partenaires[4], sérieux. C’est probablement une bonne opération pour les deux parties[5]. Ça ne mériterait pas une mention si les polonais ne jugeaient bon d’expliquer que cet achat vise à réduire la dépendance de la Pologne envers Gazprom.

De même que la signature, annoncée mercredi dernier, d’un contrat d’approvisionnement de 20 ans en GNL étasunien ou le lobbying intense contre le gazoduc North Stream 2.

De ces trois démarches, la seule qui corresponde à l’objectif annoncé est l’achat de gaz non encore disponible localement.

Il faut leur rappeler que:

  • L’existence d’un gazoduc dans le voisinage n’oblige pas ceux qui ne le veulent pas à s’y approvisionner.
  • 42,38% du gaz produit par Tommeliten Alpha appartiendra effectivement à PGNiG, mais il ne pourra arriver en Pologne qu’une fois que le « gazoduc baltique » sera construit, alors que la décision n’est pas encore prise et le financement pas encore trouvé. Dans l’attente, PGNiG vendra ce gaz à des acheteurs connectés et pourra utiliser les revenus comme bon lui semble.
  • L’indépendance gazière de la Pologne passe par l’investissement en infrastructure, terminaux de regazéification et gazoducs pouvant apporter du gaz en Pologne depuis les frontières ouest et sud de l’Union Européenne.
  • Le risque russe pour la Pologne est sans doute plus une invasion militaire ou au moins le financement, l’armement et la fourniture de « mercenaires patriotes volontaires » à la « communauté russophone de Pologne dont les droits historiques sont bafoués ». Surtout avec un Président étasunien crédule qui se satisfait des dénégations de ses interlocuteurs[6].

[1] 42,38%

[2] Les changements de nom des compagnies sont le plus souvent liés au changement de responsables de la communication desdites compagnies. Ainsi qu’au lobbying intense des boites de communication qui y trouvent là un marché très rémunérateur.

[3] ChevronTexaco

[4] Total et Eni

[5] Contrairement à une idée médiatiquement attractive, il n’y a pas un vaincu dans chaque transaction ou négociation.

[6] Au moins quand ils partagent les mêmes idées quant à la démocratie, la liberté de la presse et les droits de l’homme.

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