Breaks it

Cuadrilla avait dû arrêter sa fracturation hydraulique (fracking) en 2011 à cause des tremblements de terre constatés à la surface. Après des longues négociations avec les voisins, plutôt infructueuses, et une victoire juridique, le fracking a repris il y a quinze jours. Selon les termes de l’autorisation, l’activité sismique est suivie et le fracking doit s’arrêter si un tremblement égal ou supérieur à 0,5 sur l’échelle (ouverte) de Richter est constaté. Hier, on a mesuré 0,48. Cuadrilla s’est félicité de la qualité de son système de mesure, et va donc continuer[1].

La pause est censée permettre aux contraintes souterraines de se dissiper. Le tremblement de terre est la preuve que la contrainte se dissipe. Les graves tremblements de terre se produisent quand les contraintes s’accumulent. Le Big One californien se produit statistiquement tous les 150 ans. Il est big à cause de l’accumulation des contraintes sur cette période. La rupture est alors dramatique, alors que si les failles jouent plus souvent, les tremblements de terre sont moins brutaux. Dans le Lancashire, les petits tremblements montrent qu’il n’y a pas d’accumulation. Cela dit, en 2011, des valeurs de 2,3 et 1,5 ont été mesurées, suffisantes pour être perçues par des humains à la surface.

La mécanique des roches établit qu’il n’y a pas de rythme d’injection qui permette d’éviter tout tremblement[2].

Si l’objectif de Cuadrilla est de prouver la faisabilité de la production de gaz de schiste en Grande-Bretagne, il sera difficile à atteindre. Même si le puits est finalement fracturé, complété et mis en production, sa production déclinera dès le deuxième jour, ce qui ne rendra pas cette affaire économique. Rappelons qu’aux Etats-Unis, c’est le forage permanent de nouveaux puits qui permet de compenser le déclin des puits producteurs, et que ce sont près de 500.000 puits à gaz qui assurent la production totale.

La seule réalisation concrète atteinte à ce jour a été d’assurer à l’équipe de Cuadrilla des rémunérations confortables financées par des actionnaires convaincus par le discours techno-géopolitique des promoteurs du projet.

[1] On peut toutefois noter qu’avec un seul chiffre significatif, la valeur mesurée est de 0,5

[2] Comme il est établi qu’il n’y a pas de rythme de soutirage pour Groningue qui permette d’éviter les tremblements de terre. La décision de n’y arrêter la production de gaz qu’en 2030 est justifiée par des considérations économiques, sociales et financières mais pas mécaniques ni géologiques

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