ULEZ & yellow jackets

8 avril 2019: entrée en vigueur de l’ULEZ[1] dans le centre de Londres. L’objectif est d’améliorer la qualité de l’air et de réduire les coûts sanitaires et économiques associés. Les véhicules ne satisfaisant pas les normes ne pourront circuler qu’en payant 12,50 £ par jour, tous les jours de l’année.

Les normes distinguent les moteurs à essence (normes Euro 4, soit en gros pas plus vieux que 2015) et les moteurs diesel (normes Euro 6, soit en gros pas plus vieux que 2006).

Ce sont les normes européennes. Le Brexit (29 mars 2019) pourrait peut-être justifier que les britanniques libérés du joug de l’Union Européenne les abandonnent mais 60% des Londoniens sont fortement favorables à la mesure[2]. 63% souhaitent même que l’extension de l’ULEZ au Grand Londres soit effective plus tôt que prévu, aujourd’hui le 25 octobre 2021.

Que faire des recettes des péages?

Première piste: aider au remplacement des véhicules non-conformes. Probablement sous conditions de ressources. Une conséquence de l’ULEZ est qu’il est aujourd’hui impossible de revendre une voiture diesel sur le marché de l’occasion[3]. La tentation est d’exporter ces véhicules[4] et leurs émissions. Pour l’éviter, il faut que ce soit l’Etat[5] qui rachète et qui mette au rebut les vieux véhicules. Ça coûte plus cher, mais ça évite de polluer les pays pauvres.

Deuxième piste: investir les recettes dans le développement de transports publics propres qui évitent d’avoir à remplacer les véhicules non-conformes. L’inconvénient est que c’est beaucoup plus long de développer de bonnes alternatives; ça ne résout que le problème du transport vers le centre ville, pas celui des vacances[6].

Troisième piste: répondre à la demande d’une stabilité des prélèvements, en compensant les hausses par des baisses égales de TVA sur quelques produits de première nécessité. Cette piste n’est pas bonne dans ce cas. On aurait pu l’imaginer en France pour l’augmentation des taxes sur tous les carburants à des fins de protection de l’environnement, mais ça n’a pas de justification pour ceux qui veulent entrer avec des véhicules polluants dans un centre plutôt bien desservi par des transports publics, ou individuels non polluants (vélo, marche).

Toute ressemblance avec la situation de Paris et de la plupart des grandes métropoles françaises, européennes et mondiales est à étudier avec la plus grande attention.

[1] Ultra Low Emission Zone, zone d’émission très basse

[2] On reconnaît le problème parisien: ce sont ceux qui veulent entrer en voiture qui sont contre, pas ceux qui respirent localement

[3] Sauf à la casse pour des pièces détachées

[4] Comme le font les services de transport en France avec leurs vieux autobus et cars. Pour les anglais, le volant à droite limite les possibilités d’exportation.

[5] Ou la région, la ville, c’est-à-dire le promoteur de l’opération

[6] Ou des courses dans les grandes surfaces en périphérie

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